Interview du Président de la République Emmanuel Macron à Al-Jazeera (30 octobre 2020) [el] [en]

Le Président de la République explique la lutte contre le terrorisme et le radicalisme islamiques et la défense de la liberté d’expression et de la laïcité en France, ainsi que la position européenne envers la Turquie.


"La France n’a de problème avec aucune religion ! Ce que la France combat, c’est le terrorisme qui est fait au nom de l’islam, pas l’islam."

"L’Etat français ne connaît pas de religion. La société française les accueille toutes. Et donc, toutes les Françaises, et tous les Français doivent pouvoir vivre calmement leur religion. Et toutes les Françaises et tous les Français, quelles que soient leurs origines, quelles que soient les autres nationalités qu’ils peuvent partager, doivent respecter absolument toutes les lois de la République. C’est comme ça que ça marche. Mais je veux avoir un message d’apaisement et de paix parce que le projet qui est le mien, qui est le nôtre, celui sur lequel le peuple français m’a confié mandat, mais je crois celui qui est historiquement celui de notre pays. Sa mission profonde, c’est une mission de paix entre les religions parce que c’est une mission de savoir, de construction de la raison."

Le président de la République a répondu également à une question sur la relation avec la Turquie :

"La Turquie a des velléités impériales dans la région et je pense que ces velléités impériales ne sont pas une bonne chose pour la stabilité de la région".
"[La politique] que la Turquie a conduit dans la Méditerranée orientale était profondément agressif à l’égard de Chypre et de la Grèce. Ces deux pays sont européens. Nous sommes en soutien de la souveraineté de l’Europe. Je rappelle tout cela pour vous expliquer, mais je ne l’ai jamais fait de manière belliqueuse à l’égard de la Turquie ou de son dirigeant. Mais je pense que nous ne pouvons pas accepter l’état de fait, ce qui est la stratégie contemporaine du président turc. Donc moi je considère que quand on est allié, quand on est ami, on doit dire les choses en vérité et où sont nos lignes. Maintenant quel est notre souhait ? Que les choses s’apaisent, que la Turquie respecte, que le président turc respecte la France, respecte l’Union européenne, respecte ses valeurs, ne dise pas de mensonges et ne profère pas d’insultes. Ce serait formidable et je pense que c’est le minimum minimorum. Et ensuite que le président turc, à la hauteur de l’histoire de son pays, cesse les actes unilatéraux qu’il a conduits contre plusieurs Européens. Voilà ce que je dis."

Retrouvez la transcription de son interview ci-dessous.

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Texte de l´interview du Président de la République
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publié le 03/11/2020

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