Inauguration de l’exposition « La mission archéologique française de Salamine - 50 ans de collaboration franco-chypriote », discours de l’Ambassadeur. [el]

L’Ambassadeur de France à Chypre, M. Jean-Luc Florent, a participé à l’inauguration de l’exposition « La mission archeologique de Salamine - 50 ans de collaboration franco-chypriote », qui s’est tenue le 21 septembre à Kition en présence du Ministre des Transports, des Communications et des Travaux publics, M. Marios Demetriades.

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Monsieur le Ministre des Transports, Communications et Travaux publics,
Monsieur le Maire de Larnaca,
Madame la Directrice du Département des Antiquités,
Chers archéologues,
Chers amis,

J’ai beaucoup de plaisir à être parmi vous ce soir pour le vernissage de cette exposition consacrée aux fouilles conduites par la mission archéologique française à Salamine.
Si un site archéologique témoigne de la longue amitié qui lie nos deux pays, il s’agit bien de Salamine qui aura été particulièrement mis à l’honneur en cette année 2015, année du cinquantième anniversaire de la mission archéologique française de Salamine.
C’est pourquoi, il y a quelques mois, l’archéologue Marguerite Yon, représentante de la mission lyonnaise, a reçu des mains du Président de la République de Chypre la distinction de grand commandeur dans l’ordre du Mérite.
Le 27 mai dernier était inaugurée dans les locaux de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée ʺJean Pouillouxʺ à Lyon, l’exposition « La mission archéologique de Salamine ». Exposition que nous avons le privilège de découvrir à Chypre ce soir.
Si Salamine est en quelque part le symbole de l’amitié à jamais scellée entre nos deux nations c’est aussi la rencontre entre deux hommes, entre deux esprits novateurs.
D’un côté le français Jean Pouilloux qui souhaitait mettre en place un grand projet de recherche sur l’archéologie du monde grec et de l’autre, le chypriote Vassos Karageorghis, directeur du Département des Antiquités, qui souhaitait donner un nouvel essor aux recherches archéologiques en ouvrant, autant que faire se peut, à la communauté internationale l’accès aux sites archéologiques de l’île.
Et c’est ainsi qu’en 1963, au cours d’un congrès à Paris,se décida la mise en place d’un projet prometteur qui conduira à la création de la mission archéologique française de Salamine. Et en avril 1965, c’est justement Marguerite Yon qui lança la première campagne de fouilles.

Malheureusement, même si cette mission sera obligée d’interrompre brutalement ses recherches, ses archéologues auront réussi en dix ans à mettre en avant trois grands périodes de l’histoire de Salamine :
• Teucros et le temps de la fondation mythique
• le temps d’Evagoras
• Constantia, la métropole chrétienne
A Salamine se sont croisés Grecs, Phéniciens, Perses et Egyptiens. Salamine demeure à jamais emblématique de l’histoire glorieuse et prospère de Chypre. Comme Sisyphe, Chypre porte le rocher de son destin douloureux, mais la mémoire des hommes est la plus forte. ʺIl faut imaginer Sisyphe heureuxʺ écrivait Albert Camus.
Depuis 1974, Salamine attend. Et nous rêvons tous qu’un jour, archéologues français et chypriotes s’affairent à nouveau sur ce site remarquable et que, comme par le passé, la beauté resplendisse et que peut-être les statues enfouies sous le sable protecteur reviennent à la lumière.
Comme je le soulignais dans mes propos préliminaires, la mission française de Salamine est emblématique de la relation étroite que nos deux pays ont su nouer depuis la naissance de la République de Chypre et au cours des épreuves douloureuses que cette dernière a traversées.
Quelque part l’on peut même affirmer sans exagération que la mission archéologique française de Salamine a porté sur ses fonds baptismaux la coopération archéologique entre nos deux nations.
Cette coopération archéologique est ancienne et constitue, vous le savez un volet fondamental de notre coopération bilatérale
En 2015, le Ministère des affaires étrangères français apporte une aide financière importante à 4 missions à Chypre. Et avec le soutien indéfectible du Département des Antiquités, elles contribuent, comme l’ont fait les autres missions par le passé, à enrichir les études chypriotes.
La France est très fière d’accompagner depuis maintenant plus de 50 ans Chypre dans la redécouverte de son passé glorieux. ʺCe n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenirʺ disait Anatole France ou comme le disait autrement André Malraux : ʺL’humanité est composée de plus de morts que de vivants ʺ.
Je me réjouis aussi de voir que depuis trois ans les services culturels de l’ambassade de France ont entamé avec le Département des Antiquités et l’université du Maine une coopération étroite dans le domaine de la valorisation du patrimoine culturel. Trois sites, Khirokitia, Kition-bamboula et Amathonte pour ne pas les citer, ont fait l’objet d’un plan d’aménagement.
A mes yeux, cette valorisation constitue un élément essentiel du renforcement de l’identité culturelle des nations. La destruction du patrimoine affecte de façon irréparable les valeurs et la dignité des sociétés, rendant difficile la réconciliation entre les peuples. Aujourd’hui, malheureusement à quelques centaines de kilomètres de Chypre le patrimoine culturel est en première ligne.
Avant de conclure, j’aimerais vous dire la satisfaction que j’éprouve à chaque fois que nous le pouvons, d’accompagner le Département des Antiquités et les missions françaises dans les nombreux projets qu’ils mènent.
D’ailleurs dans quelques semaines, pour ne pas dire quelques jours, les projecteurs se braqueront sur Amathonte avec l’inauguration dans les jardins du musée archéologique de Nicosie d’une exposition consacrée au quarantième anniversaire de la mission archéologique française d’Amathonte.
Enfin, je voudrais terminer en remerciant La Maison de l’Orient de Lyon, le Département des Antiquités et l’Institut français d’avoir permis au public chypriote de découvrir cette exposition.

Je vous remercie pour votre attention.

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publié le 12/10/2015

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