14 Juillet 2021 [el] [en] [tr]

Retrouvez le discours prononcé par l’ambassadrice Salina Grenet-Catalano à l’occasion de la fête nationale.

Monsieur le Président,
Madame la Présidente du Parlement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Madame la conseillère des Français de l’étranger, Madame et Messieurs les consuls honoraires,

Chers amis,

Sept mois après mon arrivée à Chypre, je suis heureuse de pouvoir, avec mon mari et toute l’équipe de l’Ambassade, vous recevoir ici ce soir pour célébrer notre fête nationale. Merci d’avoir répondu présents à notre invitation !
En raison des mesures prises contre le COVID, nous avons dû adopter un format de réception réduit mais j’ai bon espoir que, l’année prochaine, nous serons beaucoup plus nombreux comme auparavant. On m’a dit que, lors des précédentes réceptions nationales françaises, ce jardin était si occupé que l’on ne pouvait plus discerner la pelouse !

Permettez-moi, en premier lieu, d’avoir une pensée pour les victimes du terrible incendie qui a eu lieu il y a dix jours, pour ceux qui ont perdu leur maison ou, malheureusement, leur vie. La solidarité manifestée par l’UE et par les pays amis, dont la France, ou par le peuple chypriote envers ses compatriotes a été très émouvante.

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Monsieur le Président,

Le 14 juillet est un jour très particulier pour la France et pour les Français. La France célèbre aujourd’hui deux événements marquants de la révolution française : la prise de la Bastille par le peuple de Paris, le 14 juillet 1789, mais aussi, un an plus tard, la "fête de la Fédération", qui a eu lieu pour symboliser l’unité de la nation française autour de ses idéaux et de ses valeurs. Ces valeurs que reflète notre devise : "Liberté, Egalité, Fraternité". Ces valeurs dont l’importance a été soulignée par la pandémie.

- la Liberté : malgré les restrictions nécessaires que nous avons dû adopter pour lutter contre la pandémie, nous avons réussi à préserver nos libertés démocratiques fondamentales et vitales.

- l’Egalité : la période difficile que nous avons traversée a mis à mal nos sociétés, mettant en péril l’égalité d’accès aux soins de santé, à des conditions de vie décentes, à la dignité, aux mêmes droits fondamentaux. C’est pourquoi il était si important que l’Union européenne mette en place un vaste plan de relance permettant aux Etats de subvenir aux besoins de leurs citoyens.

- la Fraternité : sans la fraternité et la solidarité entre Européens, nous n’aurions pas pu obtenir les vaccins nécessaires à la mise en œuvre rapide de campagnes massives de vaccination. Il est maintenant de notre devoir d’aider les autres pays à obtenir les mêmes possibilités. La bataille contre la pandémie n’est pas encore gagnée. Mais, au moins en Europe, nous pouvons maintenant voir la lumière au bout du tunnel. C’est ce que l’Europe peut faire lorsqu’elle est unie et solidaire !

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M. le Président,

Géographiquement, Chypre et la France sont situées aux deux extrémités du continent européen. Mais par le cœur, notre histoire commune et la force de l’amitié, Chypre et la France n’ont jamais été aussi proches. Notre appartenance commune à l’Union européenne a renforcé ces liens et nos intérêts communs.
Je commencerai par la culture, la langue et l’éducation : cette année, des progrès importants ont été réalisés, notamment en ce qui concerne la francophonie.

Membre associé de l’Organisation internationale de la Francophonie, Chypre a décidé de donner une plus grande place au français dans son système éducatif. Je m’en réjouis.

Dans le domaine de la défense, des liens stratégiques forts existent et se sont approfondis entre nos deux forces armées, notamment grâce aux nombreuses escales des navires de la marine française à Chypre. Comme vous le savez, le porte-avions Charles de Gaulle, ce monstre d’acier, a accosté, comme au cours des dernières années, à Chypre, il y a quelques semaines. Il n’était pas le seul dans cette catégorie "poids lourd" cette année !

La présence militaire française en Méditerranée orientale illustre notre engagement durable en faveur de la stabilité et de la sécurité de la région. Les tensions ont récemment diminué. Les activités illégales ont cessé au cours des derniers mois. Mais cette "détente" doit être durable. La France restera vigilante et toujours prête à défendre le droit et les principes internationaux à cet égard, dans le dialogue et le respect mutuel. L’énergie est un autre domaine qui pourrait être utilisé pour renforcer la coopération - et non la compétition - dans la région. La France jouera tout son rôle en tant que nouveau membre à part entière du Forum du gaz de la Méditerranée orientale (FGME).
Je souhaite également que Chypre et la France étendent leur partenariat à de nouveaux domaines tels que l’innovation et la recherche, notamment dans le secteur du numérique ; l’énergie, y compris les énergies renouvelables car c’est l’énergie du futur ; ou encore le tourisme. Autant de secteurs clés pour la stratégie de développement de Chypre.

Nous savons également que nous pouvons compter sur Chypre pour travailler avec nous sur les enjeux globaux, tels que l’égalité des genres, qui a été au cœur du "Forum génération égalité" qui vient de se tenir à Paris.

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Monsieur le Président,

Tous ces projets porteront d’autant plus de fruits que la paix règnera à Chypre et dans la région, si le pays, uni, est capable de mobiliser toutes ses forces, notamment sa jeunesse, pour se tourner vers l’avenir.
Cela passe évidemment par la recherche d’une solution au "problème chypriote".

Cette solution ne peut être trouvée dans la division. La division signifie que toutes les parties seraient perdantes. La France, en tant que pays de l’UE et membre permanent du Conseil de sécurité, souhaite la reprise des négociations dans le cadre des paramètres des Nations unies. Des idées créatives ou une certaine flexibilité seront probablement utiles, comme c’est le cas dans tout processus de négociation réussi. Mais notre boussole doit fermement rester la fédération bizonale et bicommunautaire avec égalité politique. Il existe aujourd’hui un risque d’impasse dangereuse compte tenu des positions exposées à Genève. Le sentiment d’urgence, la détermination, voire l’audace, sont donc aujourd’hui plus que jamais nécessaires. Pas des conditions préalables contre-productives et irréalistes à la reprise des pourparlers.
La réouverture des points de passage après près de 450 jours de fermeture a été une évolution très positive, les Chypriotes grecs et turcs pouvant à nouveau se rencontrer. Il faudra faire davantage pour restaurer la confiance. La confiance exclut toute provocation ou action allant à l’encontre des résolutions des Nations unies. C’est pourquoi les décisions unilatérales concernant Varosha doivent être évitées et le dialogue privilégié pour régler cette question.

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Permettez-moi de conclure en parlant de l’Europe. Nous avons pensé qu’écouter l’hymne européen, "l’Ode à la joie" de Beethoven, en même temps que nos hymnes nationaux, serait un bon moyen pour nous de nous rappeler à quel point nous avons besoin d’Europe. La pandémie l’a bien montré.
Une Europe plus solidaire, une Europe plus souveraine, une Europe qui joue pleinement son rôle de grande puissance sur la scène internationale, une Europe aimée de sa jeunesse qui représente notre avenir.
Telles seront les grandes priorités de la présidence française de l’Union européenne au premier semestre 2022. Nous savons que nous pouvons compter sur Chypre pour nous soutenir dans la mise en œuvre d’un agenda aussi ambitieux.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je vous invite maintenant à profiter de la soirée.

Vive l’amitié entre Chypre et la France !

publié le 15/07/2021

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